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 Semiologie des coliques...

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tahvet

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Nombre de messages : 78
Pays/ville : Algérie
Date d'inscription : 22/01/2008

MessageSujet: Semiologie des coliques...   Ven 18 Avr 2008 - 12:50


Semiologie des coliques


1- Recueil de l’anamnèse et des commémoratifs

1.1- Etat civil du cheval :


• Nom du cheval et noms des personnes responsables et des propriétaires réels du cheval (pour toute prise de décision, leur accord ou une décharge vis-à-vis ou gardien de l’animal est essentielle) ;
• Sexe ;
• Âge ;
• Race ;
• Format et caractère.

1.2-Renseignements généraux :

•Habitat (box, pré, type de litière, paddock, présence de sable dans les aires de pâture ou de détente…) ;
• Nourriture (composition, quantité et rythme) ;
• Activité journalière du cheval et discipline d'utilisation ;
• Passé médical et chirurgical (surtout relatif aux coliques) ;
• Vermifugation (rythme et molécules) ;
•Date d’acquisition ou de connaissance (pour évaluer la pertinence des informations relatives au passé du cheval).

1.3- Historique récent :

• Durée des coliques;
• Dernier repas;
• Consommation de nourriture et d'eau ;
• Changements récents (alimentation, eau, médicaments, logement, litière, voyage, travail, congénères voisins...) ;
• Possibilité d'ingestion de corps étrangers ;
• État physiologique (période de saillie, gestation, post-partum...) ;
• Vermifugation récente;
• Traumatisme récent. (Dr. Pierre Cirier)

2-Données spécifiques de la crise de colique :

• Degré de douleur et évolution ;
• Dernier crottin ;
• Sudation;
• Signes de douleur observés (gratter, rouler, position en chien assis, coups de pied dans l'abdomen, flehmen, regarder les flancs, décubitus sternal ou latéral, rouler sur le dos, taper contre la porte ou les murs, se jeter par terre) ;
• Réponse antalgique à la marche en main ;
• Réponse aux antalgiques administrés ;
• Traitements et actes réalisés par le propriétaire.

Les trois premiers points permettront de trouver des facteurs favorisants et/ou prédisposant des coliques et parfois de certaines entités de coliques à l'échelle d'un individu, mais aussi l'échelle d'un groupe (élevage ou centre équestre). Le dernier point permet d'emblée de présumer de la gravité de la crise de colique. (Dr. Pierre Cirier)
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tahvet

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MessageSujet: Re: Semiologie des coliques...   Ven 18 Avr 2008 - 13:33

3-L'auscultation et l'inspection abdominale :

L’auscultation abdominal selon les 4 quadrants (dorsal droit, ventral droit, dorsal gauche et ventral gauche) mais aussi en position ventrale déclive (site préférentiel pour entendre le bruit de ressac lors de coliques de sable) est la première étape. Il s'agit de quantifier les bruits digestifs (absents, faibles, normaux ou augmentés) mais aussi de les qualifier (gazeux ou liquidions) en s'aidant le cas échéant de la percussion. L'absence de bruit est souvent corrélée avec un arrêt quasi total du transit.

En revanche, la présence de bruits intestinaux, parfois même augmentés ne permet pas seule de conclure à l'absence de coliques graves.

La circonférence abdominale doit également être évaluée dans sa globalité mais aussi de manière différentielle gauche/droite. Il peut s'avérer utile de demander au propriétaire ce qu'il en pense en cas de doute (certains chevaux sont creux de nature, à l'inverse d’autres sont très « ronds »). (Dr. Pierre Cirier)

Remarque: il est également important de procéder à l'inspection et la palpation des testicules chez l'étalon pour détecter une éventuelle hernie inguinale (le diagnostic de certitude se fait par palpation transrectale).

4-La palpation transrectale :

C'est une étape très importante pour préciser le diagnostic mais une étape délicate car présentant des risques pour le vétérinaire comme pour le cheval. Cependant, avec une bonne vigilance du vétérinaire et des aides, une bonne contention (tord-nez ou tords-oreille, prise de l'antérieur gauche pour un vétérinaire droitier et éventuellement d'un pli de peau à l'encolure et enfin, réalisation d'une sédation avec un alpha-2-agoniste), une lubrification correcte du gant et une technique douce, cet acte se réalise très bien la plupart du temps en pratique ambulatoire. La palpation transrectale dans un travail en clinique est plus aisée mais non dénuée de risque pour autant et doit, à ce titre être réalisée avec la même vigilance. Lorsque le cheval est très contracté ou bien pousse contre le bras du vétérinaire, une sédation doit être envisagée (27 mg de romifidine ou 6 mg de détomidine pour un cheval standard de 500 kg) ; 50 ml de lidocaïne à 2 % peuvent également être instillés dans le rectum par une tubulure guidée par la main de l'opérateur pour favoriser une palpation plus douée. (Dr. Pierre Cirier)

Notons aussi que la déshydratation (fréquente chez les chevaux en colique) peut être un facteur favorisant des lacérations rectales.

Certains chevaux ne peuvent être palpés pour des problèmes de taille. C'est le cas des petits poneys et des foals. Ceci est à nuancer en fonction du diamètre du bras du vétérinaire.

Outre la vigilance, les précautions d'usage et la maîtrise de la technique, une parfaite connaissance de l'anatomie abdominale du cheval est requise pour interpréter la palpation transrectale.

Une fois le rectum vidé des crottins pouvant s'y trouver (ne pas omettre d'en prélever pour examen qualitatif et éventuellement un test de sédimentation) (tableau l), la palpation doit être systématique et méthodique. Il s'agit dans chaque quadrant de tenter de reconnaître les structures anatomiques normales à leur place, à savoir

• Dans le plan médian :

• L’aorte et sa quadrifurcation (dorsalement et dans le plan médian) : structure fixe, de section ronde, ferme et pulsatile ;
• Le tronc mésentérique peut être palpé, très en avant en suivant l'aorte et descendant à la verticale

• À gauche:

• Le rein gauche (dorsalement légèrement à gauche de l'aorte) : structure fixe, ferme arrondie et lisse ;
• Le ligament néphrosplénique (légèrement à gauche du rein et en continuité avec celui-ci) : structure semi-fixe (car accrochée au rein fixe et à la rate relativement mobile), fibreuse et dure
• La rate (dans le prolongement du ligament néphrosplénique normalement contre la paroi abdominale gauche) : structure assez mobile, plate, ferme mais dépressible, granuleuse.

Pour l'identifier, il peut parfois être nécessaire de partir de la paroi abdominale et de se diriger vers le rein.

• À droite:

• Le duodénum peut quelquefois être palpé à droite au-dessus du caecum (très en avant), telle une structure tabulaire de diamètre moyen, lisse et d'orientation transversale ;
• Le caecum (sa base) s'identifie à droite dorsalement, comme une structure sacculaire dépressible de gros diamètre et présentant des haustrations. Deux de ses quatre bandes charnues, la bande ventrale et la bande médiate, se palpent en descendant de la base en direction ventrale vers le plan médian dans la cavité abdominale. Elles sont de section ronde et d'un diamètre moyen ; notons que la bande médiale présente un aspect granuleux car elle est longée par des vaisseaux et des nœuds lymphatiques. Le contenu du caecum est généralement gazeux et pâteux.

• De manière moins précise :

• Le côlon ventral gauche contenant des ingesta peut souvent être palpé en région ventrale à gauche, ou bien au milieu de la cavité abdominale juste après la symphyse pelvienne.

L'aspect palpatoire est sensiblement le même que pour le caecum. Il possède quatre bandes charnues de même type que celles du caecum mais la bande dorso-médiale donne naissance au mesocôlon ascendant qui relie les côlons dorsaux et ventraux;

• Le côlon dorsal gauche est lisse et on palpe le plus souvent la courbure pelvienne d'aspect lisse et plus étroite que le côlon ventral, en avant du détroit pelvien, plus à gauche ; elle n'est parfois pas palpable chez des chevaux sains mais elle se repère particulièrement bien dans la filière pelvienne en cas de coprostase ;
• Le côlon flottant peut être palpé dans toute la cavité abdominale mais surtout dans le quadrant ventral gauche. Il est reconnaissable par les boules fécales qu'il renferme. Il est parcouru par une bande charnue plate et épaisse sur son bord antimésentérique ;
• L’intestin grêle n'est normalement pas palpable sauf au hasard d'une contraction péristaltique et sa palpation persistante doit être considérée comme pathologique.

• Dans l'abdomen pelvien :

• Chez l'étalon, les deux anneaux inguinaux doivent être palpés sur la partie ventrale abaxiale du bassin;
• Chez la jument on peut suivre le vagin puis le corps utérin dans l'axe médian dés l'introduction du bras ; ensuite, chaque corne mène à un ovaire beaucoup plus latéralement. La gestation avancée peut modifier la topographie abdominale ;
• La vessie, reposant sur le plancher du bassin peut être palpable (forme sacculaire piriforme plus ou moins distendue de liquide) voire même gênante pour l'examen si elle est pleine (en particulier pour la palpation des anneaux inguinaux internes qu'elle peut masquer complètement chez l'étalon, il s'agit alors de la vidanger par taxis ou cathétérisme pour faciliter la palpation.

Les brides peuvent être des bandes charnues de côlon ventral, de caecum ou de côlon flot tant, du mésentère, des adhérences fibreuses ou des ligaments (vessie, utérus...). Ces brides peuvent être plates, fines, épaisses ou œdémateuses. Elles peuvent avoir des degrés de tension variables et être en relation avec des masses.

les masse peuvent être des portions de côlon replié ou de caecum distendues, des tumeurs, des abcès, des corps étrangers intraluminaux. Ces masses peuvent être solides (plus ou moins fermes) ou tympaniques (gazeuses et/ou liquidiennes).

Les « boudins » sont des structures tubulaires de plus faible diamètre (entre 5 et 10 cm) plus ou moins tendues et de direction courbe telle une chambre à air de roue de bicyclette. Ils peuvent contenir du gaz, du liquide ou les deux. Il s'agit le plus souvent d'intestin grêle mai il peut aussi s'agir de côlon flottant; la palpation de la bande charnue antimésentérique permet alors de confirmer le diagnostic.

A la suite de cet examen il faut répertorier les structures identifiées en sus sans cherche d'emblée à les identifier. Pour ce faire, il faut déterminer leur position par rapport aux quadrants et aux structures plus ou moins fixes reconnues. Leurs caractéristiques (taille, forme, consistance, texture et orientation) et la douleur associée à leur palpation sont aussi à noter.

Enfin, il faut faire la synthèse de ces informations pour déterminer (si cela est possible) la nature des viscères anormalement palpés. L'idéal est alors de faire un schéma représentant les structures normales identifiées et les masses, brides et autres structures non identifiées avec leurs qualités. Le reste de l'examen clinique et l'expérience permettent le plus souvent de conclure à une certaine catégorie d'entité pathologique mais moins fréquemment à une entité particulière. (Dr. Groux et Ch. Lebis)

Remarque l : il est également intéressant de palper les parois abdominales pour mettre en évidence des masses pariétales (abcès, hématome ou tumeur) et pour sentir l'aspect du péritoine pariétal (détection de péritonite si sensation granuleuse).
Remarque 2 : il ne faut pas omettre de palper l'appareil génital de la jument, particulièrement si elle est gestante.

Certaines palpations transrectales pathologiques seront développées lors des monographies.



5- Le sondage naso-gastrique :

C'est une étape diagnostique et thérapeutique à la fois mais c'est aussi un acte comprenant des risques pour le patient, le vétérinaire et ses aides. Les mêmes précautions d'usage que pour la palpation transrectale sont requises, à savoir: vigilance, contention adéquate, bon positionnement et douceur.

La sonde doit être de diamètre adapté à la taille du patient pour être le moins traumatique possible. Elle doit être propre, lubrifiée, perforée en plusieurs points à son extrémité distale et être souple mais avoir une forme propre courbe.

Introduite dans une narine médianement et verticalement, elle doit emprunter prudemment le méat ventral jusqu'au pharynx où elle doit être déglutie pour descendre dans l’œsophage. Pour facilité la déglutition, encapuchonné le cheval peut s’avérer utile.

De même, effectuer une rotation d'un quart de tour avec la sonde peut permettre une déglutition plus aisée. Une fois la sonde dans l'oesophage, le praticien peut souffler dedans pour faciliter la descente jusqu'au cardia. Lors du passage dans l'oesophage cervical (en position sous-cutanée le plus souvent à gauche), l'opérateur doit visualiser l'extrémité de la sonde pour avoir la certitude de ne pas être dans la trachée. Le passage du cardia peu être délicat. Il s'agit alors d'insister en soufflant, en instillant 200 ml d'eau ou encore 50 ml de lidocaïne à 2 % dans la sonde. En cas d'échec, recommencer avec une sonde de plus petit diamètre. Ce genre de complication est souvent rencontré lors de dilatation gastrique par du gaz ou du liquide. Une forte sédation s'avère souvent nécessaire pour les cas récalcitrants. Une fois dans l'estomac, la sonde doit être enfoncée au maximum.

Pour la vidange gastrique, une pompe et deux seaux de même contenance (dont un rempli d'eau tiède) sont nécessaires. Le siphon est activé en envoyant par la sonde, à l'aide d'une pompe aspirante-refoulante ou d'un entonnoir, une quantité d'eau suffisante pour rempli celle-ci. La sonde est ensuite positionnée vers le bas en regard du seau vide qu recueille l'eau précédemment envoyée et le liquide gastrique par effet d’aspiration. Même si le cheval ne présente pas de reflux gastrique à proprement parler, du liquide gastrique doit toujours être récupéré. En effet, la forme courbe de la sonde épouse celle d l'estomac de telle sorte qu'elle s'y enroule. Ainsi, son extrémité peut se trouver au-dessus du niveau liquidien de l'estomac rendant sa vidange impossible. Il s'agit donc d'insister en réitérant l'opération en retirant la sonde d'une quinzaine de centimètres à chaque fois de manière à passer en dessous du niveau liquidien. (Dr. Pierre Cirier)


Une fois le premier seau entièrement vidé (en plusieurs fois), il faut mesurer ce que l'on a recueilli dans le second pour savoir quelle quantité de reflux présente le cheval.
Il faut ensuite qualifier le reflux: odeur, couleur, consistance et composition. Si la sonde se bouche (résistance de la pompe), retirer la sonde et la déboucher puis recommencer en envoyant beaucoup d'eau pour déliter le contenu gastrique. De même, si le contenu gastrique semble très solide (alimentaire), plusieurs seaux doivent être passés pour déliter et vidanger au maximum l'estomac. A la fin du sondage, le liquide que l'on retire doit être le plus clair possible. Lorsque la vidange est terminée, rincer la sonde avec un peu d'eau ou d'air avant de la boucher et de la retirer rapidement mais sans précipitation. Lors des derniers 50 cm, il faut être particulièrement vigilant pour que le cheval ne bouge pas la tête (poser la main sur le chanfrein pour limiter tout mouvement vers le haut) et ne se lèse pas les cornets nasaux ou l'ethmoïde.

En cas de reflux abondant, la sonde peut être laissée en place et fixée au licol pour prévenir une rupture gastrique ; cette précaution n'est pas absolue car la sonde peut se boucher. Une sonde à demeure ne dispense donc pas de refluer le cheval régulièrement.

II est important de préciser que lors de détresse respiratoire aiguë, de fréquence cardiaque très élevée (> 60 bpm) ou en cas de douleur sévère, le sondage naso-gastrique est l'acte à réaliser en premier lieu ; c'est un acte d'urgence qui peut sauver la vie d'un cheval. (Dr. Pierre Cirier)


à suivre ...

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